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 Lupus humanum est || PV A. Misthunter


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Pseudo : Le-Fou-Chapelier


MessageSujet: Lupus humanum est || PV A. Misthunter   Sam 25 Mar - 11:07

Lupus humanum est



« Les différents rapports tendent à laisser penser que les Mangemorts évadés ont trouvé refuge dans différents pays Puristes, notamment en Russie.
Qu'a dit la Directrice du Département de la Coopération Magique Internationale?
— Elle estime que nos rapports ne sont fondés que sur l'expertise d'agents secrets, ce qui n'est pas suffisant pour exiger qu'un autre pays mène une enquête en notre nom sur notre territoire.
C'est sensiblement incompétent, incohérent, erroné et idiot. Mais qu'importe. Continuez vos recherches dans ces pays. Je veux davantage d'informations demain.
— Concernant les perquisitions, trois individus ont été arrêtés hier et sont actuellement interrogés par la Brigade de Police Magique. Voici leurs dossiers. L'un d'entre eux sera très certainement déféré devant les Aurors.
Très bien. Tenez-moi au courant dès ce soir de l'avancée des interrogatoires.
— Bien, monsieur le Directeur.
»

Lincoln Prolow, conseiller à la Sécurité Intérieure, avait de nombreuses années dirigé le bureau des Aurors avant de devenir l'un des hommes de confiance de Ferdinand Wieder. Militaire pour le Ministère de la Magie Français, Auror, il avait une carrière d'homme de terrain impressionnante derrière lui, ce qui en faisait un élément imposant dans l'équipe qui entourait le directeur Wieder. Et bien qu'il ait accepté de troquer ses chaussures cramponnées couvertes de bouts pour des mocassins, il lui arrivait régulièrement d'enquêter pour le compte personnel de Wieder. Résilient, il avait accepté de passer la moitié de son temps dans un bureau, à proximité du Directeur de la Justice Magique. Mais il demeurait un homme de confiance pour l'ensemble des Aurors et des policiers de la Brigade Magique. Tous le connaissaient, tous connaissaient sa femme, certains de leurs enfants jouaient avec les leurs à Poudlard. Il avait réussi à tisser un lien de respect et de confiance entre l'ancien Juge Wieder et les policiers du Département de la Justice Magique. Homme de synthèse il était le pont entre la Sécurité et la Justice, deux pôles souvent en confrontation dans ce Département.

Il fallait avouer que les idées ouvertement conservatrices de Wieder l'avait attiré. Directeur du bureau des Aurors, il avait de nombreuses fois eu à travailler avec Wieder Président du Magenmagot. Deux postes à l'envergure conséquente au coeur du Département de la Justice Magique. Deux marches pour la Direction. Le Ministre de la Magie avait, au final, préféré le politicien Wieder au policier Prolow pour le poste de Directeur de Département. Cela n'avait, toutefois, pas empêché Ferdinand de recruter celui qui avait pu apparaître comme son rival et de lui créer un poste parfait pour sa carrure.
Mais Prolow, comme beaucoup de membres du Ministère, s'était fait avoir. S'il coordonnait les Aurors et les policiers, il n'en restait pas moins un ancien homme de terrain réduit à lire des rapports et à en faire d'autres. Consulté quotidiennement par Wieder, il était devenu une sorte de petit chien excité à l'idée que son maître s'intéresse à lui et le nourrisse. Il en avait oublié les folles balades dans les bois, les journées et nuits à dormir à même le sol, à chasser les ennemis du Ministère de la Magie. Assagi, Prolow avait également perdu de son poids de potentiel Directeur du Département en devenant le conseiller personnel de son adversaire. Une prison dorée, en somme. Et puisque Wieder avait gardé le poste de Président du Magenmagot, le seul candidat à sa potentielle succession ne se trouvait plus qu'au bureau des Aurors.

Il fallait donc, pour Wieder, assurer ses arrières.
S'il avait su calmer les ambitions directionnelles de Prolow et en faire l'un des pions de son échiquier, il se devait désormais de renforcer sa garde. Car, au-delà de ses ambitions personnelles, la question d'une prise du pouvoir par les Puristes et les Mangemorts devenait de plus en plus nécessaire. A ce poste stratégique du Ministère, Ferdinand avait commencé à semer le trouble. L'entretien avec son conseiller qui venait de se terminer en était une preuve. Contrairement à sa collège de la Coopération Magique Internationale, Wieder était, aux yeux du Ministre, l'homme cherchant par tous les moyens à débusquer les Mangemorts. Il créait ainsi la division dans le gouvernement, devenant le rouage principale de la traque des Mangemorts.
C'était cependant sans compter sur le fait qu'il était lui-même un Mangemort, jamais soupçonné de quoi que ce soit. Car, après tout, qui pouvait se douter que cet homme gras, mielleux, bureaucratique et élégant pouvait porter la Marque des Ténèbres? Qui pouvait penser qu'un tel petit bonbon enrobé du miel aristocratique allemand pouvait assassiner des femmes, des hommes et des enfants au nom de la Pureté du Sang?
Wieder ne cessait donc d'envoyer ses hommes là où il était sûr qu'ils pourraient tomber sur des hommes inutiles à la cause, qui rempliraient les colonnes de chiffres à envoyer au Ministre, sans pour autant mettre en danger les serviteurs de Voldemort.
Un habile jeu de dupes qu'il menait avec une certaine élégance.

Quelques minutes plus tard, le Directeur du Département de la Justice descendait les différents niveaux du Ministère de la Magie.
Seul, dans l'ascenseur, sa face ronde, habituellement extravertie et extravagante, arborait une mine sensiblement froide. Si Wieder avait pour habitude de porter un sourire doucereux dès qu'il se savait observé, et Merlin sait que cet homme sent quand on l'observe, il retrouvait sa véritable expression en étant seul et isolé.
Wieder ne ressentait jamais rien. Il était devenu extérieur à ses propres sentiments, pôle extrême s'opposant à ses nombreuses et régulières crises de nerf depuis qu'il ne suivait plus son traitement médical imposé par ses troubles bipolaires. Un masque de glace semblait s'être installé entre son coeur, son âme et le reste des mortels. Ainsi protégé, ainsi coupé de la réalité cruelle du monde, il pouvait manipuler les idées et les hommes dans l'objectif de purifier ce monde qui le dégoûtait sincèrement. Sa haine pour le monde venait d'une blessure profonde, d'un mensonge à lui-même qui le dévorait depuis des décennies. Intérieurement difforme, Ferdinand Wieder refusait d'accepter sa condition, s'évertuant à haïr tous ceux qui n'étaient pas comme le modèle social qu'on lui avait inculqué depuis enfant. En perpétuelle lutte entre son amour et sa haine, il avait fini par disparaître, englouti par sa blessure originelle.
Et lorsque les portes s'ouvrirent, une ambiance à l'image de son visage s'imposa à lui. Si le Département de la Justice Magique grouillait de policiers, de juges ou de fonctionnaires, le Département des Mystères avait un vide en lui qui poussait tout être à se sentir aspiré par des forces le dépassant. Et si Wieder n'avait jamais souhaité diriger un tel Département, c'était bien parce que s'y retrouver le forçait à plonger dans les replis de sa conscience et de son âme. Or, il en était tout à fait incapable.

Dès que les grilles s'ouvrirent, Wieder prit une expression à l'image de la personnalité qu'il laissait voir. Les traits rigides et glaciaux avaient laissé place à une jovialité certaine, bien que le regard du vieil homme demeurait distant.
Il s'avança dans le couloir sombre du Département et marcha jusqu'au niveau inférieur, celui menant aux trois grandes salles d'audience du Ministère de la Magie.
A l'évidence, une audience se terminait, puisque des policiers quittèrent l'une des salles d'audience en compagnie d'un condamné et que deux greffiers se racontaient leurs malheurs greffiens de greffiers greffés à la dure réalité de greffiers. Ils ne remarquèrent que très tardivement la présence du numéro trois du Ministère de la Magie, qui, en plus d'être un membre influence du gouvernement, se trouvait être leur supérieur hiérarchique. Ils s'empressèrent ainsi de le saluer, tout soucieux d'être des employés modèles. Rats d'une machinerie qui les dépassait mais qui avait besoin d'eux pour poser sur leurs cadavres quelques trônes pour quelques puissants jouant aux puissants. Wieder leur répondit doucereusement, bien qu'il n'accordait qu'une importance relative à ces deux monstricules qui devaient, sans aucun doute, contenir dans leurs veines davantage de bourbisme que de vrai sang Sorcier.
Ce qui l'intéressait en réalité se trouvait encore dans la salle d'audience. L'Araignée se rapprochait de sa proie à pas de danseur, avec une démarche élégante de petit homme aristocrate se promenant tranquillement dans un lieu bien connu.

Lorsqu'il entra dans cette dernière, le bruit de papiers se rangeant vint aux oreilles observatrices du Directeur de la Justice Magique. A l'évidence, le dernier occupant du lieu rangeait ses dernières affaires avant, à son tour, de le quitter.
Wieder s'avança avec calme et se retrouva au centre du tribunal, entouré de gradins de bois et de piliers de pierre. Du haut de la tribune réservée au président de séance qui, de coutume, était un juge du Mangemagot sauf en cas de séance extraordinaire - notamment lorsqu'il fallait voter pour les lois proposés par le Ministre, était encore occupée par l'un deux. L'homme, grand, sensiblement musclé, encore jeune, regroupait les derniers documents ayant servis à l'audience. Wieder, au centre du tribunal, sembla quelques instants être un enfant perdu dans un monde inconnu et dangereux.

« Cher juge Misthunter, quel plaisir de vous retrouver ici ! Vous n'en croirez pas vos oreilles. Une séance de vote parlementaire s'ouvrant dans une heure, quant au traité France, Allemagne et Royaume Uni sur le Commerce Magique, je me devais de venir voir si tout allait bien. Et comme le dit le dicton, j'ai vu qu'il y avait de la lumière et ma curiosité a eu raison de moi. »

Le petit homme gloussa.
Il semblait être un équilibriste jonglant sur un fil de soie avec les mots. Prononçant les syllabes de chaque mot avec une certaine onctuosité, il manipulait les mots comme pour en faire ressortir une musicalité qu'on ne leur connaissait pas avant qu'il n'ouvre la bouche. A l'évidence, Wieder était un habitué du langage et de tous ses ressorts possibles.

« Je constate que vous avez meilleure mine qu'au Chaudron Baveur. Cette fois-ci, Wieder prit une expression qui laissait voir une certaine pitié et une véritable compassion. J'ai quelques petits oiseaux qui aiment venir me murmurer quelques douces chansons. C'est toujours un plaisir de savoir ce que l'Homme est capable de faire à travers le monde. Mais, voyez-vous, ce sont parfois quelques litanies lugubres qu'ils viennent pépier à mes oreilles. Et il faut convenir que votre aventure n'était pas à la hauteur de votre réputation. Mais qu'importe, me direz-vous ! Vous voilà guerrier d'auberge, en plus de juge au Magenmagot. Le principal est que vous alliez mieux, n'est-il pas? »

Le vieil homme monta dans les gradins réservés au public ou aux autres juges en cas de séance plus conséquente.
Il s'installa comme le faisaient les Précieuses françaises du XVIIième siècle dans leur moelleux et luxueux fauteuils de salons aristocratiques. Sur le moment, les bancs cérémonieux du tribunal semblèrent se transformer en de grands canapés confortables et accueillants. Croisant les jambes, le Directeur de la Magie s'alluma une fine cigarette en un claquement de doigts.

« Quel noble métier que celui de rendre la Justice dans un monde saisi d'effroi et d'angoisse ! Le monde nous doit une fière chandelle ! Wieder tira une bouffée de sa cigarette et en recracha délicatement la fumée. Comment vous portez-vous, cher ami? »

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« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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MessageSujet: Re: Lupus humanum est || PV A. Misthunter   Ven 21 Avr - 23:37

Lupus humanum est
Ferdinand Wieder & Aydan Misthunter
De souvenir, je n'ai jamais eu grand intérêt pour la politique. Elle est futile, c'est une mascarade et je l'ai toujours trouvée particulièrement indécente. Cette façon de s'afficher, de placer des « moi je » plus ou moins discrets, souvent bien peu en fait. Puis ce talent sans limites pour proférer des inepties, de se fragiliser autant et ce sans vergogne, sans honte et sans honneur. Non, je n'ai jamais eu de vrai respect pour la politique.
Cela remonte à l'époque où j'étais encore un très discret élève de Serdaigle. Plutôt, voire très, sage, je ne m'étais jamais retrouvé inquiété par les préfets et préfets-en-chef de Poudlard. Mais leur côté fanfaronnant ne m'inspirait rien. Ils se donnaient des airs d'élus du peuple alors qu'une poignée de professeurs était derrière tout ça... Puis vint le jour où on émit l'hypothèse que, par mes bons résultats, je puisse être choisi. Une idée qui me déplu assez pour m'éloigner encore plus de mes semblables à quelques exceptions près. Au final, j'étais si peu en contact avec les autres que les professeurs ont pensé que je serais incapable de parler en leur nom ou même de vraiment communiquer avec eux. Les dirigeants en tout genre m'ont aspiré cette même indifférence : les capitaines d'équipe, les directeurs de club, les responsables de ci, les directeurs de maison... Quoique, eux, non, leur rôle s'avérait utile pour les nouveaux, pour être proche de nous et ils n'étaient que des professeurs toujours. Pas de grands pouvoirs illusoire et une insigne clinquante pour faire du tapage en disant « moi directeur de ».

Bref, je n'aimais pas vraiment la politique et encore moins, surtout même, ses acteurs.

Bien entendu, elle n'est pas inutile et même essentielle. Ce n'est pas moi qui vais le démentir : mon rôle de juge dépend essentiellement de la politique qui façonne nos lois, influence les outils dont nous disposons et pour cette raison, je suis bien contraint d'y garder un œil attentif et une oreille experte. Je redoutais le jour où une politique m'empêcherai d'exercer mon métier tel que je l'entends et tel que je le conçois surtout : impartial, froid mais avec le souci d'avoir rendu la sanction appropriée. C'est en cela que le climat d'aujourd'hui ne me dérange pas plus que ça, après tout, je rends mes jugements, j'applique des peines, observe leur efficacité... ou leur inefficacité parfois hélas. Mais ce climat, dont je parlais, celui de grande incertitude et qui peut être assez ouvert aux sanctions dures, celui-là ne doit exister que parce que la situation l'exige : je n'avais donc aucune envie de voir se prolonger un défilé d'accusés devant moi. Je voulais voir, et ce avec la plus grande hâte, arriver le jour où j'allais enfermer la dernière âme persécutrice de mon peuple. Je ne suis pas naïf : il y aura toujours des pourfendeurs. Cependant, quel juge exercerait en pensant ne rien changer ? Je veux croire que chacune de mes condamnations sert à améliorer les choses. Et quand le tribunal ne suffit pas, je reprends ma cape d'auror, et comme du temps où je l'étais, j'enquête par moi-même.
Par moi-même. Pas ou très peu de délégation de travail avec le juge Misthunter. Pas par vanité mais parce que je m'étais rendu compte que pour savoir certaines choses, il fallait les apprendre soi-même. N'est-ce pas la raison pour laquelle les adolescents désobéissent souvent à leurs parents pour finalement faire l'amère expérience eux-mêmes ? Ils ne recherchent pas ce résultat mais bien après, ils se rendent alors compte de leur erreur. Mais ce n'est pas la question. Je voulais en venir à mes expéditions des derniers mois. J'avais repris le terrain sur mon temps libre, pour mieux me rendre compte de ce qu'il se passait et ne pas devenir une de ces infâmes personnes que j'ai tant méprisé : ceux qui parlent beaucoup mais ne font pas grand-chose, ni ne savent grand-chose non plus.
Hélas, j'avais amèrement constaté en tout cas que je n'avais guère à aller bien loin pour enquêter, les murs du ministère déjà gangrenés par la maladie qui touchait le pays. J'étais consterné. Comment imaginer mener à bien son travail si même les acteurs principaux du pays le trahissait à des fins soit personnelles, soit bien plus sombres et brumeuses.

Alors oui, ces derniers temps, j'étais d'humeur maussade. En plus de l'idée que mon travail était certainement bien trop souvent saboté par mes propres rangs, je m'étais empêtré dans un combat douloureux. Et ce au sens physique. Mes côtes me tiraient encore un peu de ma splendide chute après avoir transplané pour échapper à des poursuivants.
Je ne souhaitais pas vraiment revenir sur cet épisode : au final, j'étais tombé sur de biens piètres rebelles aux idées aussi pauvres que navrantes mais aux poings très efficaces. Personne n'avait eu vent de l'altercation et des noms étaient apparus sur la liste de certains aurors qui me devaient un ou deux services pour les quelques injonctions que je leur avais produit (et ce toujours pour faciliter l'arrestation de personnes, vous connaissez mes méthodes, dures et parfois immédiates mais dans le sens de la justice).

La journée fut longue et peu intéressante. Les affaires qui trônaient sur mon bureau et que j'avais présidé me donnaient la vile impression d'être que d'affreuses distractions à quelque-chose que je pouvais palper dans l'air.
C'est comme entendre le sifflement du serpent avant qu'il ne vous morde. Vous l'entendez mais il y a de grandes chances pour qu'il finisse par vous mordre.

Je rangeais mes affaires, préoccupé, le visage fermé et les traits figés, concentré sur les quelques parchemins qui glissaient dans la serviette noire qui conservait tout un tas de documents. J'avais alors dans l'idée de m'enfermer dans mon bureau pour pouvoir faire le vide dans ma tête. J'allais aussi contacter Bowers, la journaliste à la mémoire la plus difficile du monde sorcier. Enfin, j'avais déduit que si elle n'était pas complice, elle était sous l'emprise de quelque-chose et ce seul fait confirmait mes craintes et cette intuition oppressante. C'était d'ailleurs pour ça que bien que difficile, notre expérience m'était très enrichissante et je ne voyais alors personne d'aussi qualifié qu'elle, hélas pour sa personne, à écouter mes avancées et craintes sur le sujet.
Bien que déjà loin dans mes actions futures, le bruit subtil et sourd de pas sur le sol carrelé du ministère saisit mes oreilles et ce fut donc sans presque aucune surprise que je fus interpellé. « Cher juge Misthunter, quel plaisir de vous retrouver ici ! Vous n'en croirez pas vos oreilles. Une séance de vote parlementaire s'ouvrant dans une heure, quant au traité France, Allemagne et Royaume Uni sur le Commerce Magique, je me devais de venir voir si tout allait bien. Et comme le dit le dicton, j'ai vu qu'il y avait de la lumière et ma curiosité a eu raison de moi. » Je finis de ranger un parchemin avant de croiser le regard de Ferdinand Wieder. Son air léger et pimpant m'inspirait toujours une certaine méfiance naturelle : les gens heureux et de bonne humeur m'avaient souvent mis de for bien mauvaise humeur. Mais Wieder n'était pas un benêt heureux et il ne fallait pas se fier à l'apparente légèreté et bonhomie de l'homme. J'avais évidemment un certain respect pour lui d'en être arrivé où il en était et son parcours laissait admiratif bien des juges. En toute franchise, pour ma part, j'ignorais quoi réellement en penser au-delà de ça. Au final, on savait très peu de lui et bien qu'ayant travaillé avec lui, nos discussions avaient été bien trop strictement professionnelles pour m'en faire une réelle idée – mais ma méfiance naturelle avait certainement beaucoup à y faire en plus du fait que je répugnais toujours à me mêler aux gens et tisser des liens. Par le passé, ça ne m'avait pas réellement réussi.

Un sourire ferme réussit à soulever le coin de mes lèvres mais de manière si subtile que j'ignorais si on voyait l'effort social que je faisais. J'étais alors reconnaissant qu'il eut parlé de travail presque immédiatement, dissipant tout bavardages de convenance excessif. « Président Wieder » lâchai-je avec un hochement lent de la tête pour témoigner une révérence et un signe de respect.
Continuant de m'atteler à la réunion de mes affaires, en silence, je laissai l'homme poursuivre. « Je constate que vous avez meilleure mine qu'au Chaudron Baveur. » Mes membres se raidirent et je levai des yeux curieux vers lui. Je ne pensais pas en entendre parler si vite. Un rire sans le moindre son me pris à la gorge alors qu'il reprenait. « J'ai quelques petits oiseaux qui aiment venir me murmurer quelques douces chansons. C'est toujours un plaisir de savoir ce que l'Homme est capable de faire à travers le monde. Mais, voyez-vous, ce sont parfois quelques litanies lugubres qu'ils viennent pépier à mes oreilles. Et il faut convenir que votre aventure n'était pas à la hauteur de votre réputation. Mais qu'importe, me direz-vous ! Vous voilà guerrier d'auberge, en plus de juge au Magenmagot. Le principal est que vous alliez mieux, n'est-il pas? » Mon sourire se durcit un peu mais je restais néanmoins amusé. Franchement et honnêtement amusé. Comme je le pensais : il fallait pas se fier à l'apparente douceur et subtilité qu'il dégageait dans un certain maniérisme qui lui seyait, on se devait bien de l'admettre.
Mes affaires rassemblées, je prenais ma serviette de ma main droite et la laissais tomber le long de mes jambes, m'avançant vers le directeur du département le pas lent mais sec. « Quel noble métier que celui de rendre la Justice dans un monde saisi d'effroi et d'angoisse ! Le monde nous doit une fière chandelle ! Comment vous portez-vous, cher ami? » Mon sourire est toujours aussi figé mais aucune animosité n'émane de moi. Bien que vindicatif et assez orgueilleux parfois, je n'ai pas réellement de fierté mal placé et j'assume mes actes. Mon aventure au Chaudron Baveur allait m'être très utile. Il s'agissait de laisser mordre le poisson. Si Wieder était au courant, d'autres allaient le savoir et les réactions de chacun allait m'être jouissives.

« Bien, Président Wieder, étonnamment bien même. Vous devriez vous aussi vous mettre aux duels dans les auberges, rien de tel qu'un peu d'excitation pour vous insuffler une nouvelle motivation. » Mon humour est aussi sec que mes pas mais il n'en restait pas moins de l'humour. « Je n'aime pas l'idée vraiment de rester enfermé dans une tour dorée. On nous reproche parfois, à nous hommes de lois ou de politique, de ne pas savoir ce qu'il se passe dans les rues du pays. L'expérience fut saisissante. »

Un soupir s'échappa de ma bouche alors que j'arrivai à la hauteur de l'homme. Avec un air solennel, je poursuivis mon analyse. « Nos aurors ont à nouveau du travail et je voulais savoir pourquoi. Après tout, vous dites que le monde nous doit une fière chandelle. C'est une façon positive de voir les choses en effet. Elle est tout à votre honneur. Mais vous connaissez mon caractère. J'ai du mal à me satisfaire d'un travail inachevé. La mort est le seul répit pour notre espèce, n'est-ce pas ? »
Et j'en pensais chaque mot. Mais tant que je vivais, je donnais tout mon être à ce que les raclures telles que mon père paient pour nuire à l'équilibre de ce monde.

Mes traits se relâchèrent quelque peu enfin, me rendant compte de l'intensité inutile dont je faisais preuve. « Je vous prie de m'excuser, la journée a été plus longue que prévu. Vous savez combien certaines audiences peuvent tourner au ridicule. Parlez-moi de vous un peu, cela fait bien longtemps que nous n'avons eu l'occasion d'échanger. Et quand vous n'êtes pas là, vous voyez bien que je ne sais me tenir tranquille. » Je fus moi-même surpris de me décontraction soudaine. Cela témoignait soit d'une méfiance extraordinaire me poussant à jouer un rôle, soit un agacement me poussant à la politesse excessive pour tenir à l'écart quelqu'un, soit enfin à un intérêt sincère pour le personnage. Tout comme Oscar Nott, Ferdinand Wieder avait, de loin, était l'image aussi d'un mentor. Non pas que nous ayons eu ce genre de relation mais chaque parole d'un plus expérimenté dans le métier était guise de conseil. Aussi, préférai-je croire donc que mon comportement était une réponse évidente à nos engagements communs. C'était d'ailleurs le cas, couplé sûrement avec cette envie de garder une distance pourtant qui semait le doute. Moi et les relations humaines...

Le regard toujours appuyé sur le président du magenmagot, je ne suis m'empêcher de remarquer l'ironie de notre présence à tous les deux : nos personnages respectifs étaient aux antipodes de l'autre.
© CRIMSON DAY

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MessageSujet: Re: Lupus humanum est || PV A. Misthunter   Sam 22 Avr - 18:37

Le juge Misthunter aurait sans doute fait un excellent politicien. Talentueux, officiellement - et sûrement officieusement - intègre, beau, jeune, il avait tout pour plaire. Il était dans le moment parfait de sa carrière, celui où il pouvait prétendre à prendre la place de vieux politiciens comme Wieder.
Il était évident qu'à la différence du Directeur de la Justice Magique, Misthunder n'avait pas baigné dans la politique depuis ses premiers jours. Il n'était pas né avec et écarter Wieder, à un tel stade de son parcours politique, relevait surtout de l'exploit suicidaire. Mieux valait le laisser continuer sa course et prendre le risque de s'autodétruire, à l'image d'une étoile filante lancée à toute allure dont, à notre humble place, on ne voyait que les étincelles quelques secondes.
Mais il était certain que Wieder avait vu en lui un potentiel successeur. Une place d'autant plus importante maintenant qu'il avait candidaté au poste de Manitou Suprême de la Confédération Internationale de la Sorcellerie et qu'il lui fallait quitter le Ministère de la Magie. Un homme charismatique et discret qui avait toutes les qualités d'un politicien sans vouloir en assumer les responsabilités. Misthunter à la tête du Magenmagot, c'était s'assurer qu'un simple Juge soit à la tête de cette célèbre institution et que la politique reste, en réalité, entre les mains douces du mielleux Ferdinand Wieder.

Wieder avait l'art d'attirer ses proies dans une toile que des décennies de politique lui avaient permis de tisser. Ses nombreuses pattes, on les retrouvait de mille et une manières différentes, à commencer par la parole. Orateur, sachant jongler avec les mots, il parvenait à enrober de miel les pires horreurs afin que, délicatement, elles glissent dans la gorge de ceux qu'il voulait tuer. Ainsi ingurgités, les petits bonbons donnés par l'intrigant Wieder se dissolvaient dans l'estomac et libéraient leur poison. Une mort lente et parfois douloureuse s'attaquait alors à ceux qu'il avait désignés comme victimes.
Autrement dit, même si on ne cherchait pas véritablement à avoir de bons contacts avec le Directeur de la Justice Magique, il valait mieux ne pas trop s'opposer à lui, venir à quelques dîners qu'il organisait, s'asseoir à sa table pour déjeuner de temps en temps et le tour était joué. Il était certain qu'aux yeux de beaucoup, faire partie du cercle de privilégiés qui entouraient Wieder tenait de l'exploit social et que la plupart des observateurs enviaient une telle place.
Mais cette arme qui, en fin de compte, était sûrement la plus visible et donc la plus maîtrisable de toutes, n'était qu'une partie émergée d'un bloc de glace conséquent et empirique.

Ce qui se cachait derrière Wieder et son acéré sourire lui pépiait des choses de temps en temps, lui qui aimait tant rester seul à écouter ce qu'on avait à lui murmurer délicatement.
Sa puissance, il la tenait sûrement de tout cet argent qu'il avait dépensé à payer des espions à travers le monde. Sa fortune avait ainsi servi à recueillir des informations du quatre coins du monde, venant d'espions sorciers et même parfois moldus. Mercenaires, marchands d'arts, ambassadeurs, prostituées, membres de la mafia, revendeurs d'armes, professeurs d'Université, comédiens, policiers, juges, avocats, agents de maintenance, paysans ou grands banquiers d'affaires, autant d'hommes et de femmes attirés par le gain qui revendaient des informations qu'ils jugeaient futiles. En quarante années de politique, Wieder s'était crée un véritable réseau qui lui donnait un poids que certains commençaient à découvrir. De ci de là, on comprenait que le doucereux Wieder, derrière son bureau, savait avec qui le petit employé du Magenmagot avait couché la veille, ou quelle destination telle secrétaire d'ambassade magique avait choisie pour passer ses prochaines. Ces petits oiseaux que le président du Magenmagot se plaisait à invoquer, innocentes et frêles créatures dont beaucoup ne s'étaient jamais inquiétés auparavant, devenaient des spectres silencieux postés à n'importe quel coin de n'importe quelle ruelle de l'existence.

En informant son subalterne qu'il avait été au courant de ses actions non diligentées par le Département de la Justice Magique, Wieder marquait surtout le fait qu'il était en mesure de savoir beaucoup de choses. C'était peut-être ce qui avait de plus inquiétant chez ce petit homme gras et mielleux qui, de toute manière, n'aurait guère le temps de mettre en place une procédure sanctionnant le jeune juge dans la mesure où les prochaines semaines le verraient quitter le Département pour la Confédération Internationale.
Mais Wieder fut particulièrement surpris que le juge ne le comprenne pas. Agréablement surpris, puisque Mistunhter s'embarqua dans une justification de justicier dont Wieder se contre-fichait. En revanche, elle confirmait que Ferdinand avait bien choisi son étalon.

« Cher ami, voyons... Ferdinand s'esclaffa tout en prenant à nouveau une bouffée de cigarette. Le fin morceau de tabac se consuma lentement, unique braise dans un lieu bien froid. A titre personnel, je trouve votre action bien courageuse mais un tantinet téméraire. Voyez-vous, vous ne travaillez pas à votre propre compte mais pour celui du Ministère de la Magie. En plus d'être, comme nous tous en ce bas monde, un justiciable comme les autres, vous êtes un représentant de la Justice. Cela pourrait paraître saugrenu qu'un Juge décide de passer outre les lois et les tribunaux pour rendre la Justice... Après tout, nous ne sommes pas des bêtes ! »

Wieder répondit avec le plus d'affabilité possible, et avec une pointe d'onctuosité qui se maria parfaitement avec son sourire réconfortant.
Il n'y avait, à première vue, aucune remontrance, venant pourtant d'un homme que l'on considérait comme encore plus influent que le Ministre de la Magie en personne.

Quant au sens de la Justice, il fallait avouer que Wieder avait le sien. Et les nombreux articles ou ouvrages de politique qu'il avait pu publier montrait bien que ses idées n'étaient pas les mêmes que celles de l'homme avait qui il était en train de discuter.
Face à une certaine neutralité chez Misthunter, Wieder prônait des lois sécuritaires qui devaient à la fois être adaptées aux événements, ou du moins adaptables, mais également à la civilisation particulière qu'était la Sorcellerie. En d'autres termes, il était pour un loi protégeant les Sorciers et légitimant leur supériorité raciale sur les Moldus. Mais ces termes-là, il ne les employait guère dans des temps qu'il jugeait troubles et sensiblement bourbistes.

« Mais point de sarabande d'habiletés et d'arguties ! Notre propos ne se tient pas là. Et le monde a besoin d'hommes comme vous, mon cher Juge, et il est bien que des hommes aient le sens de l'action. Quant à moi... A nouveau, tel un automate qui sait où placer les gestes que son marionnettiste de maître lui a demandé de faire, Ferdinand prit une bouffée de cigarette et replaça délicatement une de ses mèches. Il avait tout du mondain sachant jouer avec les codes de la société. Je suis le produit d'une triste lâcheté flasque et rampante. La nature ne m'a point octroyé les droits corporels qu'elle avait volontairement donnés à mon regretté frère aîné. Sur le terrain que vous semblez vous approprier, je ne ferais que des catastrophes ! Imaginez l'affaire. Ferdinand pouffa. Que nenni, que nenni ! Il pouffa de plus belle. Non, il faut que je reste ici. C'est là où je suis le plus sage. Sage parmi les sages. »

En vérité, ce terrain-là, Wieder le connaissait depuis les années soixante-dix, lorsqu'il était devenu Mangemort. Il ne fallait évidemment pas le voir comme un Lestrange, se roulant dans la boue afin d'éviter les sorts de quelques puissants de l'Ordre du Phénix. Ses batailles à lui, il les avait jouées dans les salons officiels, les ambassades, les Ministères. Il les avaient menées à travers les messages laissés à quelques uns de ses oisillons. Et il était aussi arrivé lui-même de supprimer un individu gênant, Puriste ou bourbiste, qu'importait tant qu'il perdait la vie.
Cette autre existence était évidemment inconnue de personnalités comme Misthunter qui voyaient Wieder comme un politicien bureaucrate qui n'avait vocation qu'à monter dans les échelons de l'administration Sorcière pour de sottes mondanités dont ils n'avaient aucune envie de maîtriser les ressorts. Certes dangereux, certes influent, Ferdinand Wieder n'avait pour eux que l'aura du supérieur hiérarchique ayant fait ses armes dans quelques administrations ministérielles d'importances, riches à ne plus savoir quoi faire de leur indécente fortune et prêts à toutes les manipulations, aussi fines et intelligentes fussent-elles, pour servir leurs propres intérêts.
C'était, sans aucun doute, la plus grande mystification que Wieder avait réussi à faire tenir pendant des décennies.

Mais Aydan n'était qu'un petit rouage dans l'immense machinerie Mangemorte. Peut-être même que ce Juge justicier ne verrait jamais de son vivant ce monstre que les serviteurs de Voldemort étaient en train de créer, soit parce que supprimé parce que devenu gênant, soit parce que devenu vieux et gâteux. Il en était de même pour Wieder. Petit à petit, il accumulait les grains de sable. Grains de sable sur grains de sable, il avait fini par ériger un mur. L'oeuvre était patiente, lente et réfléchie. De ce mur gigantesque, Aydan Misthunter n'en était qu'un simple grain de sable. Nécessaire, mais infime face à tout ce qui avait été accompli et qui devait encore l'être.

« Quant à moi, je vais et je viens dans l'immensité de ce monde où, in fine, je ne suis voué qu'à la destruction. Rien de bien charmant, me direz-vous... Mais vous avez dû prendre connaissance de ma candidature à la Confédération Internationale de la Sorcellerie. Je concède être fortement sollicité par les différents membres de cette dernière, et je ne m'attendais évidemment pas à une telle sollicitude. Mensonges. Sourire doucereux de façade. Aussi, je comptais dans les prochains mois me choisir un digne successeur au poste de Président du Magenmagot. Les temps sont troubles, et vos récentes aventures nocturnes vous l'ont montré. Mais les choses se précipitent quelque peu et je ne peux laisser le poste vacant en quittant le Ministère. Et il va de soi que par souci d'intérêts, je ne peux occuper une fonction officielle dans un gouvernement si je suis élu par la Confédération pour surplomber toutes les administrations sorcières du monde ! Vous êtes un fin connaisseur de ce tribunal, et l'un de ses meilleurs représentants. J'aimerais que vous puissiez m'apporter un éclairage quant à ce choix qui sera le mien. Qui est, selon-vous, le meilleur candidat? »

Wieder avait évidemment déjà un certain nombre de noms en tête.
Nombreux étaient ceux qui, au Magenmagot, étaient devenus encore plus royalistes que le roi et s'étaient mis à aduler le Directeur-Président Wieder. Ceux-là, évidemment, ne l'intéressaient pas. Ils n'étaient que de frêles fourmis face aux potentiels autres juges qui pouvaient lui succéder.

« Ne vous fermez pas comme une huître, très cher. Notre conversation est, évidemment, strictement confidentielle. Après tout, j'excelle dans l'art de garder les secrets de très bons amis. »

Les derniers mots prononcés par Ferdinand avaient été comme susurrés délicatement, comme s'ils ne devaient le lier qu'à son interlocuteur. Le lier bien solidement, tels des fils de soie enroulés avec habitude, méthode et envie autour d'une proie tombée dans la toile.

_________________

« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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