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 All shall fade [ft Nemerys & Dorian ]


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MessageSujet: All shall fade [ft Nemerys & Dorian ]   Mer 10 Juin - 23:04

All shall fade






L'été qui se terminait avait été doux, chaud et beau, du moins en France où elle avait passé  un mois dans la demeure familiale des Carboist, à visiter ses grands-parents respectifs, à rencontrer de la famille un peu plus éloignée et à participer à quelques Garden Parties entre sorciers de sang-purs en vacances. Elle avait été heureuse parfois de prétexter du travail pour ne pas avoir à les supporter toutes et ses parents lui avaient concédés quelques soirées de répit. Ils avaient ensuite profité de ce temps libre pour  voyager un peu, descendre sur la côte, puis ils étaient rentrés, à Londres, car son père avait du travail à la rédaction du journal  où il était désormais un rédacteur reconnu. Sa mère avait quant à elle des commandes à préparer avec la rentrée de Poudlard s'annonçant et Aliénor avait été heureuse de retrouver sa maison. Elle avait pu ainsi voir Annabeth le temps de quelques jours avec un plaisir non feint, profitant des derniers jours de l'été pour finir ses premières révisions de l'année tout en discutant des pcohaines expériences à mettre en oeuvre avec sa meilleure amie concernant leur grand projet. Elle n'avait pas manqué de lui envoyer de nombreuses lettres et d'en recevoir de nombreuses autres en retour, comme avec une autre personne qui lui était chère, un russe au regard perçant qu'elle côtoyait depuis sa quatrième année, Dorian. Les parents d'Aliénor n'avaient pas été dupes depuis maints été et ce qu'elle croyait pouvoir leur cacher était étincelant, visible aux yeux de tous. Mais elle croyait naïvement, que ce qu'elle éprouvait pour le Serpentard était de ces choses qui passaient inaperçues et qui étaient à sens uniques, depuis une éternité.  Alors elle s'était faîte à cette idée du moins le pensait-elle, avec une amertume certaine au début,elle n'avait pas eût d'autres choix, elle avait cru etre capable de passer outre mais à chaque fois, elle semblait en souffrir plus que la précédente lorsque ses illusions venaient à s’effondrer. Elle savait qu'elle y survivrait, elle était suffisamment déterminée alors elle se contentait de son amitié étrange avec Dorian et de celle belle et joyeuse avec Annabeth.

Elle avait d'ailleurs eû grande hâte de les retrouver tout deux à la rentrée, dans le cadre de l'école. Et en ce jour fatidique enfin arrivé, où tous les élèves arrivaient un peu au compte goutte, attendant le repas du soir pour la cérémonie  de répartition des première années avec impatience, elle n'avait su quand elle trouverait l'occasion de le voir. Les embrassades, les retrouvailles,  l'excitation des nouveaux programmes, le retour dans les dortoirs et les salles commune, avaient occupé Aliénor dès son retour à Poudlard et elle profitait de cette fin de matinée pour essayer de le repérer parmi les élèves, car il lui avait été difficile de le retrouver. Elle avait tant envie de le revoir, dire qu'il ne lui manquait pas pendant les deux mois d'été aurait été la un mensonge, car elle appréciait sa compagnie, elle appréciait ses conversations, ses venues à ses entraînements de Quidditch, elle espérait d'ailleurs qu'il réitérerait la chose avec plus d’entrain cette année. Elle aimait chez lui sa façon de la regarder, les rares sourires qu'il lui offrait, son rire, ses yeux, la douceur de sa peau lorsqu'elle la touchait sans le vouloir, elle chérissait le souvenir du baiser qu'ils s'étaient échangés, celui de leur valse et de toutes ces autres choses qu'ils avaient partagées.

Il était néanmoins introuvable à tout les étages et elle espéra pouvoir le croiser à l'extérieur, c'est pourquoi, munie d'un livre et de son sac fourre-tout étendu par la magie, elle s'était mise en quête de le trouver, traversant les allées extérieures, profitant encore un peu du soleil qui avait déjà tant fait blondir ses cheveux qu'on les aurait cru blancs. Ses quelques jours de baignades avaient eût raison de leur blondeur. Elle passa une main pour défaire les maigres nœuds qui auraient pu s'y trouver lorsque son regard fût attiré par un éclat inhabituel.

C'est la qu'elle la vit. Triomphante, éclatante, dans cette chevelure d'ivoire qui cascadait sur ses épaules comme les torrents des cimes enneigées. Le livre que la française tenait dans ses mains, ouvert sur les sortilèges qu'ils travailleraient en cours cette année et dont elle avait déjà étudié la théorie tout l'été s'écroula sur le sol dans un fracas qu'elle fût la seule à entendre. Son monde s'était arrêté de tourner, les secondes s'étiolaient dans un vacarme assourdissant pendant que toutes le silhouettes autour d'elle devenaient ectoplasmes.
Sauf eux deux, accoudés près de la baie du cloître, profitant du soleil presque automnale et de ses rayons. Elle avait l'impression que le monde s'arrêtait ainsi que le faisait son cœur. Elle avait l'impression de suffoquer mais elle ne respirait plus, plus pendant cette seconde, minute, heure immense qui la laissait figée, opaline silencieuse et triste.
Oui, c’est la qu'elle la vit et c'est là qu'elle le vit . Pour la première fois, elle sentit un sentiment, violent, nouveau, dévastateur et brûlant l'envahir, un sentiment qui se mêlait à une douleur, à une peine qui lui semblait infinie. Elle avait si mal, bien plus mal que lorsqu'ils s’étaient déchirés ces fois précédentes, la douleur qui l'empoignait lui tordait sourdement les entrailles avant d'y distiller un poison nommé jalousie.

Dire qu'elle était hideuse n'aurait été qu'un vil mensonge, elle était magnifique, sans doute pleine d'esprit, ingelligente, cultivée, drôle elle semblait emplie d'une grâce certaine. Était-elle Vélane ? La française l'ignorait, mais la demoiselle aux cheveux qui semblaient fait de perles avait enchanté Dorian. Il lui souriait, il lui parlait, il la regardait et elle avait l'impression qu'il lui échappait. Ô, cela était bien égoïste de sa part, le Russe ne lui devait rien, ils n'étaient même pas ensemble. Peut-être était-ce la raison ? Après tout, pourquoi, comme tout les autres sorciers de famille de sang-purs n'aurait-il pas pu avoir une fiancée digne de lui ? Ses parents devaient se féliciter de leur choix, une Serpentarde en plus qui devait partager donc de nombreux points communs avec lui et qui renforcerait la pureté de leur deux familles. Ils avaient dû la faire venir de Russie, elle devait être une descendante de grands sorciers slaves et Dorian serait sans doute très heureux avec elle. Aliénor aurait pu avaler les quelques mètres qui les séparaient de pas colériques avant de lui asséner une gifle, mais elle n'était même pas certaine de savoir si cela valait le coup. Que pouvait-elle être d'autre sinon sa fiancée ? Elle n'ignorait pas qu'il avait bien une cousine mais elle était là-bas, en Allemagne probablement en train d'étudier pour faire honneur à sa famille et si cela avait été le cas, il l'aurait prévenu, il le lui aurait écrit dans les lettres qu'ils s'étaient échangés durant l'été.  Elle avait si mal alors que toutes les hypothèses qu'elle essayait d'étayer s'effondrer comme des châteaux de cartes balayés par une main ravageuse.

Elle ne pu s'empêcher de les fixer, longuement, n'ayant même pas pris la peine de ramasser le livre qu'elle avait fait tomber. Ses doigts tremblaient légèrement mais elle ne lui offrirait pas la victoire de ses larmes. Quand comptait-il lui apprendre tout ceci ? Elle avait été bien naïve d'espérer aussi longtemps des choses qui n'arriveraient de toute évidence, jamais. Elle avait été stupide, elle aurait pu en rougir de honte si son teint n'était pas devenu aussi pâle que celui d'un spectre. Même le fantôme de la tour des Bleus et Bronze semblait posséder plus de vie qu'elle.

Elle finit par se baisser, ravalant des larmes amères qu'elle aurait du laisser couler, redressant la tête, dans l'espoir de rester digne avant de tourner les talons.  Elle avait souhaité le voir, savoir comment s'étaient déroulée ses vacances, du moins qu'il lui dise de vive voix, mais en cette instant, elle aurait tout donné pour être restée dans l'ignorance. Elle se détourna, espérant disparaître aussi subitement qu'elle était venue et que tout ceci ne soit jamais arrivé, que la douleur qui étreignait sa poitrine n'ait jamais été là, que le visage ravissant de la demoiselle s'efface de son esprit. Elle priait alors qu'elle s'éloignait d'eux, mais la vérité était là, acide, atroce, au goût âcre, pesant, aux yeux brûlants et elle ne pouvait s'y soustraire.

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MessageSujet: Re: All shall fade [ft Nemerys & Dorian ]   Jeu 11 Juin - 8:26



Aliénor's pain.
Les heures, les jours, les semaines et puis les mois s’étaient écoulés dans une lenteur qui lui avait été insupportables. Dorian avait passé l’été dans son pays natal, après un long voyage, il avait reposé le pied en Russie afin d’y rejoindre ses parents. La famille Raskazov s’était installée dans un nouveau manoir, après en avoir eu un neuf trop près des moldus au gout des mangemorts. Pour céder aux scandales de son père, ils avaient alors emménagé dans un nouveau foyer plus isolé et surtout plus grand. La seule chose qui avait retenu son attention c’était l’entrée et son plafond qui ne semblait pas avoir de limites. Il avait posé son regard dans les autres pièces sans réelle conviction, abordant un comportement peu motivé et maussade. Rien d’inhabituel aux yeux de ses géniteurs qui avaient à peine pris le temps de discuter avec leur fils pour savoir comment s’était passée l’année. Ils savaient qu’il causait moins de « torts » à Poudlard étant donné qu’ils ne recevaient pas de plainte et c’était tout ce qui comptait à leurs yeux. Le reste était secret, le reste demeurait mystère et ne les regardait visiblement pas. Oh~ il n’aurait pas été le premier à se confier, il entretenait avec ses parents une relation bien trop distante pour s’abandonner à ce genre de partage. Sa mère s’était contentée de l’observer, quelque peu intriguée alors qu’il ne s’était pas montré heureux d’être revenu  sans réellement s’y attarder. Les choses étaient allées ainsi, comme elles l’avaient toujours été, Dorian ne se complaisait pas forcément entre les murs qu’il bâtissait entre lui et le reste à chaque fois qu’arrivait l’été.

La vérité était que ce qui l’avait empli d’amertume durant tout l’été s’était trouvé à des kilomètres d’ici. Pas moyen d’entrevoir le sourire d’Aliénor, ni même de lui parler. Dorian s’était contenté de lettres, de parchemins débordants de mots sympathiques comme ambigus et caractéristique de leur relation. Mais sa dernière année arrivant, Dorian se comptait plus attendre la fin de celle-ci pour mettre des mots sur les ressentis qu’elle exerçait sur lui. Cela resterait dangereux pour lui tout comme pour elle, mais moins que s’ils s’étaient dévoilés quelques années plus tôt alors que tout avait sonné comme une évidence entre eux. Les quelques lettres qu’il avait alors reçues d’elles avaient été un véritable souffle de vent frais, malgré qu’elles lui infligeaient de lourds pincements au cœur. Il s’était promis qu’une fois qu’il la reverrait, plus rien n’allait le retenir, qu’il serait toujours en mesure de la protéger et surtout, que ces vacances là seraient les dernières qu’il passerait loin d’elle. Fort heureusement sur les derniers jours il avait rejoint l’Allemagne, étape avant de retourner en Angleterre. Ca avait été bref, impatient de retourner à Poudlard pour une seule et même raison. Il avait alors passé du temps avec Nemerys, afin de rattraper le retard qui les avait séparés. Dorian avait été plus qu’heureux de savoir qu’elle allait faire son entrée à Poudlard pour cette septième année. Elle lui serait une compagnie importante, lui qui n’attribuait pas si facilement sa confiance aux autres et qui se lassait des gens, elle serait alors une valeur sure, sans oublier qu’ils s’entendaient comme frère et sœur.

Puis le premier jour arriva, dans la préparation de l’année, il n’avait pas encore eu l’occasion de croiser Aliénor et ce n’était pas faute de l’avoir cherchée. Mais pour lui l’année ne pouvait débuter sans qu’il ne la revoie ainsi il s’était montré tendu et fort contrarié de ne pas apercevoir son joli minois entre les visages des élèves qui avaient croisé son chemin. Il s’était même demandé si elle en avait envie, si elle ne s’était pas lassée de lui et que l’attente lui avait été bien trop insupportable. Il n’avait pas été très sympathique avec elle et en avait eu conscience, malheureusement il y avait eu certaines choses qu’il n’aurait pu se permettre de lui dire même avec toute la confiance qu’il avait en la française. Dorian savait qu’il allait devoir user de patience encore pour lui faire comprendre tout ceci, redoutant le jour où elle découvrirait d’autres facettes de son histoire et de ce qui faisait qu’il pouvait se montrer si compliqué. Aliénor en avait eu quelques avants gouts, notamment durant la coupe des trois sorciers. Ces épisodes lui resteraient probablement au travers de la gorge, il pouvait parfaitement concevoir qu’elle lui en voudrait. Pourtant c’était ainsi et pas autrement. Il en avait parlé avec sa cousine, puisqu’il lui confiait beaucoup de choses. L’allemande avait compris son point de vue même si elle avait trouvé moyen de reprocher certaines de ses attitudes envers la jeune femme. Elle n’avait pas tort mais Dorian n’avait pu s’empêcher de râler face à ces remarques. Ceci dit la présence de Nemerys lui avait permis de ne pas exploser ces premières heures de rentrée. Notamment à ce moment là ; une douce brise soufflait et l’été persistait à offrir un temps des plus radieux. Dorian en avait alors profité pour faire visiter le château à sa chère cousine, lui montrant les endroits qui l’intéresseraient et ceux dont il valait mieux ne pas trop s’approcher il aurait espéré lui montrer le château en compagnie d‘Aliénor qui aurait certainement été meilleur conseil que lui sur de nombreux aspects.

Ils s’étaient alors installés à l’extérieur en retrait des autres ainsi qu’ils avaient l’habitude de faire pour ne pas avoir à surveiller les alentours si leurs conversations devenaient risquées. Ils discutaient, le dialogue avait toujours été simple entre eux et elle était une des rares avec qui son rire était naturel. Si Dorian affichait un large sourire grâce à la présence de sa cousine, il n’en était pas moins préoccupé, nerveux de temps à autres et surtout agité. C’est dans l’un de ces moments où il avait la manie de se retourner en direction de l’entrée la plus proche dans l’espoir de croiser Aliénor qu’il la vit. Sa silhouette se découpait entre les feuillages tandis qu’elle se baissait pour ramasser un livre. L’avait-elle aperçu ? La question ne demeura pas bien longtemps à germer dans son esprit alors que Dorian se relevait déjà. Il adressa quelques mots à Nemerys, lui indiquant qu’Aliénor se trouvait juste là et qu’il allait la faire venir jusqu’à elle pour lui présenter. Dorian s’empressa de quitter cet endroit lorsqu’il la vit détourner les talons et partir en sens inverse. Oh, non, il n’allait pas la laisser filer comme ça.

En foulant quelques pas, il réussi à rattraper la distance qui les séparait à ce moment là. Lorsqu’il fut suffisamment près pour l’interpeller, il appela doucement son nom et posa la main sur son épaule afin de la stopper dans sa marche et de l’inciter à se retourner. Dorian fut soudainement interpellé par sa peau rougie et ses yeux gonflés alors qu’elle essayait probablement de les cacher. Le Russe fronça les sourcils, déstabilisé et ses pensées désormais immergées sous une vague de questions. Pourquoi n’était elle pas venue jusqu’à lui ?  Les lettres qui s’étaient envoyées avaient été bien moins retenues venant de lui alors qu’il lui avait dit explicitement qu’elle lui manquait et qu’il avait hâte de la revoir. Le Serpentard se mit en travers du chemin de la Serdaigle, posant ses mains sur les bras d’Aliénor afin de se montrer insistant quand au fait qu’il désirait lui parler.

« Aliénor ? Ca va ? » Fit il doucement.

Il jeta un vif regard par-dessus l’épaule de la jeune fille, rassurant Nemerys d’un signe de la main pour la prévenir qu’il arriverait sous peu.

AVENGEDINCHAINS
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MessageSujet: Re: All shall fade [ft Nemerys & Dorian ]   Lun 22 Juin - 14:47

Some saw the sun, some saw the smoke, some heard the guns, some bent the bow.  Sometimes the wire must tense for the note. Caught in the fire, say oh, we’re about to explode. Carry your world, I’ll carry your world. Some far away, some search for gold, some dragon to slay. Heaven we hope is just up the road. Show me the way, Lord because I'm about to explode. Carry your world and all your hurt.
All shall fade.

Elle laissait derrière elle la terre qui l’avait vu naître, ce sol allemand qu’elle avait foulé depuis 18 ans. Sans même un regard en arrière ou ne serait-ce qu’une once de reconnaissance, elle s’éloignait, toujours un peu plus vers cet ailleurs qui l’appelait au loin. Rien ne l’avait jamais retenue ici, tout semblait exister autre part, tout ce qu’elle avait désiré ou qui l’avait attiré n’était en rien allemand. Ce départ, elle l’avait vu comme une échappatoire, une sortie de secours à cet univers stérile et sans rebondissement qui la retenait captive dans une dimension qui n’était pas la sienne. Incomplète, c’est ainsi qu’elle se sentait, comme un écrin à bijoux à qui l’on aurait dérobé les précieuses richesses. Le ciel n’avait jamais été aussi triste que cette fois-là. Lui qui l’avait couvé et maintenu à l’écart des vicissitudes de la vie depuis sa naissance, une mélancolie digne d’un automne diluvien inonda ses souvenirs qu’il détenait d’elle.  Si les arbres n’exposaient pas leur ramage verdoyant, demeure intime des oiseaux amoureux, on aurait pu penser que les saisons mortes prenaient leur revanche en avance.

A vrai dire, Nemerys les avait appelé de ses vœux. Elle avait passé l’été à réclamer l’automne et l’évènement qui allait suivre. Si Nemerys était ingrate envers le pays qu’elle abandonnait avec une indifférence déconcertante, elle ne demeurait pas moins fidèle à sa famille et notamment à son cousin qu’elle s’apprêtait à retrouver. Cette ultime rentrée marquait un nouveau tournant pour la jeune sorcière qui faisait ses premiers pas sur le sol écossais, dans cette école qui étincelait de prestige. La seule fierté qu’elle éprouvait à demeurer sous les tuiles antiques de ce château, c’était parce que le seigneur des ténèbres lui-même avait foulé bien avant elle les couloirs de cette école. Le simple fait de respirer le même oxygène que lui la troublait et réconfortait ses sinistres ambitions. D’ailleurs elle allait devoir être attentive à tous les potentiels recrus susceptibles de servir Voldemort quand celui-ci reviendra – et il reviendra -  tout en listant mentalement les âmes impures qui s’offraient le loisir d’étudier en compagnie de sorciers respectables et à la génétique irréprochable. Son esprit retors s’était déjà attelé à classer certains sorciers dont les noms lui étaient familiers. Elle y découvrit aussi quelques traîtres parmi les sorciers purs, mais cela n’avait rien de surprenant. Toutes les guerres avaient leurs rebelles. Il lui arrivait quelque fois de fantasmer sur la manière la plus convaincante et plaisante de torturer un camarade, en guise de distraction purement sadique ou alors comme entraînement pour attirer l’attention du Maître. Ses parents étaient si doués dans l’art de martyriser les sangs de bourbe qu’ils auraient pu inspirer les bourreaux à court d’idées. Après tout, que pouvait-on attendre de plus d’une Allemande, nationalité qui même chez les moldus avait su glacer le sang et effrayer le monde entier par le passé ? En attendant l’heure du soulèvement, elle profitait de ses premiers jours dans sa nouvelle école, étudiant son histoire et ses secrets en compagnie du meilleur guide qu’elle ait pu espérer : Dorian.

Le bonheur de le retrouver ne s’était jamais fait aussi pressant. Quand on lui avait annoncé la nouvelle du déménagement, on aurait dit que le monde lui-même redevenait attrayant. Avouons-le, avant de songer aux priorités de Voldemort, c’est d’abord et avant Dorian qui lui était passé à l’esprit. La seule idée de passer toute sa scolarité à ses côtés lui avait serti le cœur d’éclat de joie. Il n’y avait qu’en sa présence qu’elle comprenait le sens du mot « exister », il lui en avait fait découvrir toutes les nuances. Plus que de l’amitié, elle l’admirait au point de le dresser sur un véritable piédestal, veillant farouchement sur lui comme à la prunelle de ses yeux. D’ailleurs, si la plupart des gens n’étaient pas au courant de leurs liens familiaux, on aurait pu penser qu’ils étaient en couple tant ils passaient de temps ensemble et qu’ils semblaient indissociables. Ils étaient postés tout deux sur le muret où veillait avec prévoyance sur eux une voûte pierreuse du cloître. Les élèves allaient et venaient dans la coure pavée d’où s’entremêlait dans une cacophonie assourdissante les diverses conversations qui s’y tenaient. Pour Nemerys qui était accrochée aux lèvres de Dorian, elle n’entendait que ses mots lui parler de la saison de Quidditch de son ancienne équipe en Russie. D’ailleurs, elle ne tarderait pas à postuler pour un post au sein de l’équipe chez les Serpentards. Elle était plutôt douée en train que poursuiveur dans son équipe et espérait pouvoir reprendre son rôle ici. Bien que l’hiver et son chaos attiraient d’avantage Nemerys, elle ne se refusait pas de temps à autre un bain de soleil que lui offrait un début d’automne frisquet. Le fond de l’air annonçait la venue inévitable du froid et déjà l’on voyait des visages perdus dans des foulards et des corps légèrement cachés par des bouts de laines. Au sommet des tours d’angles, tel des hallebardes dressées vers les cieux, on pouvait apercevoir quelques nuages, suspendus et accrochés accidentellement aux pointes, que le vent avait négligés. Le soir s’annonçait plus précoce et l’aurore paresseuse qu’un soleil timide et voilé par la robe d’une brume contrariante n’aidait en rien. Mais aujourd’hui, il semblerait que les caprices du climat aient offert à l’astre diurne un moment de répit avant le retour des assauts futurs qu’ils promettaient chaotique.

Le sourire facile, la bonne humeur constante, la joie maladive, Dorian semblait avoir occupé toute l’attention de Nemerys. Elle se félicitait de ne pas avoir à attendre les vacances d’hivers pour retrouver son cousin pour partager ces moments là. C’était aussi pour ça qu’elle appréciait à ce point l’hiver, parce qu’il représentait leurs retrouvailles. Néanmoins, le jeune homme finit par délaisser un bref instant sa cousine, attiré par celle qui était plusieurs fois revenue dans les oreilles de l’Allemande. Une Serdaigle, de sang pur, certes, mais une Serdaigle. Nemerys n’avait pas l’habitude de se mélanger aux autres maisons puisque pour elle, ils étaient incapables de comprendre ni même d’approuver leurs idéaux. Nemerys pouvait être indulgente avec un Serpentard, aussi idiot soit-il, mais elle avait du mal à digérer qu’une intruse puisse s’introduire dans leur réseau. Son regard de serpent coula comme un venin épais et corrosif sur la jeune femme qui avait suscité assez d’intérêt chez Dorian pour qu’il en vienne à courir après. La fille aux yeux aussi bleus transparents qu’une topaze de Neptune incrusta son regard aigu sur la sorcière avec une insistance alarmante comme si elle représentait un danger dont il fallait se débarrasser au plus vite. Elle assista à la scène de loin, scrutant leurs expressions, leur attitude et leurs regards. Qu’est-ce qui avait pu la mettre dans un état pareil ? Sa présence en compagnie de Dorian ? N’était-elle pas sensée connaître son existence ? C’était la moindre des choses après tout qu’il habille le contenu de ses lettres de sa tendre cousine quand les lettres qu’il faisait parvenir à Nemerys ne mentionnaient quasiment que le nom d’Aliénor. Visiblement, ce n’était pas le cas. Pour Némérys, c’était encore le visage qui lui échappait car en dehors de ce détail, elle semblait la connaître par cœur. Elle s’était réjouie de ne pas l’avoir encore croisé mais il ne s’agissait que d’une question de temps pour que leur chemin en vienne à se croiser. Et c’était chose faite pour son plus grand déplaisir. Nemerys commença à s’impatienter. C’était tout bonnement inacceptable qu’il brûle ce temps qui n’étaient qu’à eux pour une autre qu’elle. Puisque c’était ainsi, l’Allemande travailla un rictus bien à elle puis alla à leur rencontre, interférant un peu dans leurs houleuses retrouvailles. Elle se plaça aux côtés de Dorian, comme un soutien, une pièce maîtresse sur cet échiquier qui le menaçait. Elle fit face au pion blanc devant elle, un sourire noir sur les lèvres, satisfaite de l’état dans lequel Dorian avait inconsciemment mit Aliénor. Elle lui ébouriffa la tignasse et s’adressa enfin à la jeune femme, l’hypocrisie dans la voix.

- Aliénor c’est ça ? Désolée de vous interrompre tous les deux mais Dorian m’a tellement parlé de toi dans ses lettres que je n’ai pas pu m’empêcher de venir à ta rencontre.

L’Allemande tendit une main en direction d’Aliénor qu’elle serra avec vigueur bien consciente qu’elle était la source de cette colère sur le visage de la Serdaigle.

- Je suis Nemerys, sa cousine ! Enfin s’il s’est souvenu de moi quand il t’écrivait…Je dois admettre qu’il ne mentait pas quand il poétisait sur ta beauté et très franchement Dorian, elle se tourna vers son cousin, de toute celle que tu m’as présenté, c’est la seule qui vaille la peine que tu me négliges un peu.

Son regard roula en direction d’Aliénor s’assurant que le poison de ses paroles fasse doucement son effet, soulignant le seuil fatal de ses lèvres d’un sourire narquois.

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